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 DIMANCHE 04/10/09 - FETE DE SAINT FRANCOIS D'ASSISE

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Sandrine
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R E L I G I O N : Catholique Romaine
Messages : 764
Date d'inscription : 07/09/2009
PAYS : Au Nord

MessageSujet: DIMANCHE 04/10/09 - FETE DE SAINT FRANCOIS D'ASSISE   Sam 3 Oct - 14:14

EVANGILE

Mc 10, 2-16
Un jour, des pharisiens abordèrent Jésus et pour le mettre à l'épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? » Jésus dit : « Que vous a prescrit Moïse ? » Ils lui répondirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d'établir un acte de répudiation. »
Jésus répliqua : « C'est en raison de votre endurcissement qu'il a formulé cette loi. Mais, au commencement de la création, il les fit homme et femme. A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu'un. Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas ! »
De retour à la maison, les disciples l'interrogeaient de nouveau sur cette question. Il leur répond : « Celui qui renvoie sa femme pour en épouser une autre est coupable d'adultère envers elle. Si une femme a renvoyé son mari et en épouse un autre, elle est coupable d'adultère. »
On présentait à Jésus des enfants pour les lui faire toucher ; mais les disciples les écartèrent vivement.
Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi. Ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n'accueille pas le royaume de Dieu à la manière d'un enfant n'y entrera pas. »
Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.
HOMELIE

Jésus enseigne. Des pharisiens se sont mêlés à la foule. Brusquement ils interrompent le Maître, et « pour le mettre à l’épreuve » lui posent une question. Leur demande surprend car tout juif pieux de l’époque aurait pu donner la réponse. Jésus les renvoie d’ailleurs à la Loi de Moïse qu’ils énoncent sans hésitation ; mais c’est la position de Jésus sur ce sujet délicat qu’ils désirent entendre : « Moïse a certes permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation, mais toi que dis-tu ? »
L’enseignement de Notre-Seigneur qu’ils viennent d’interrompre inopinément, portait probablement sur la famille, l’importance de la fidélité de l’amour conjugal et le respect dû à la femme. Les foules étaient touchées par l’autorité de sa parole qui ouvrait de nouveaux horizons. Aussi, pour casser son ascendant sur l’auditoire, les pharisiens cherchent-ils, par leur pseudo-question, à mettre Jésus en opposition à la Loi. Le piège est clair : si Jésus récuse la répudiation, il se prétend supérieur à Moïse ; s’il l’accepte, la preuve est faite qu’il n’est qu’un beau parleur qui, malgré les apparences, n’enseigne rien de neuf.
Notre Seigneur déjoue leur stratagème en remontant en amont de Moïse jusqu’à la Genèse, c'est-à-dire jusqu’au dessein originel de Dieu sur l’homme et la femme. Il s’appuie sur ces textes fondateurs pour argumenter en faveur de l’indissolubilité du mariage. La différence sexuelle, inscrite dans la nature, est un don du Créateur qu’il convient d’interpréter comme un appel à la communion par la donation réciproque des époux. « A cause de cela », c’est-à-dire pour répondre à cet appel, « tous deux ne feront plus qu’un ». Et Jésus insiste : « Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils ne font plus qu’un ». Cette unité est l’aboutissement du projet de Dieu sur l’homme et la femme. Projet dans lequel le Très-Haut s’investit - bien plus qu’il réalise lui-même avec les époux et en eux, puisque Jésus ajoute : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! ».
La doctrine concernant l’indissolubilité du lien matrimonial est exigeante mais cohérente : le mariage scelle le don réciproque total des personnes, jusque dans leur dimension charnelle. Or ce qui est donné ne peut plus être repris : « La femme ne dispose pas de son corps, mais le mari. Pareillement, le mari ne dispose pas de son corps, mais la femme » (1 Co 7,4). La symétrie et la réciprocité de la donation garantissent qu’aucun des deux époux ne dispose de l’autre au point de pouvoir le rejeter, puisqu’il ne s’appartient plus à lui-même.
Depuis les origines, l’union de l’homme et de la femme constitue l’image la plus parlante de l’Alliance entre Dieu et l’humanité. Aussi tolérer la possibilité d’une rupture entre les époux reviendrait à envisager une possible mise en cause de cet engagement réciproque, ce que Jésus refuse résolument.
La lettre aux Ephésiens nous révèle même que l’archétype des relations entre l’époux et l’épouse n’est rien de moins que l’union indéfectible du Christ et de l’Eglise : « L'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et les deux ne feront qu'une seule chair : ce mystère est de grande portée ; je veux dire qu'il s'applique au Christ et à l'Eglise » (Ep 5, 31-32).
Cet enseignement nous invite à convertir résolument notre regard sur la sexualité humaine, afin d’y discerner non pas un simple fruit de l’évolution biologique, mais une grâce et un appel qui viennent d’en-haut. La sexualité est un don au service de la relation d’amour et dès lors de la vie. La différence sexuelle nous révèle que le don réciproque est la caractéristique fondamentale de l’existence personnelle.
Nous sommes hélas loin, de nos jours, de cette approche contemplative qui permet de reconnaître, jusque dans des réalités aussi naturelles que la masculinité et la féminité, une Parole de Dieu qui confirme l’enseignement du Christ, nous invitant au don de nous-mêmes sans retour. Hélas, l’éthique consensuelle contemporaine récuse l’objectivité de la « loi naturelle » ; au nom de l’autonomie absolue de l’individu, elle refuse d’envisager que le corps puisse nous parler d’un soi-disant dessein de Dieu sur nous. Elle promeut dès lors une conception purement contractuelle du lien matrimonial, fondé sur le principe du libre arbitre de chacun des époux - impliquant dès lors la possibilité du divorce par consentement mutuel.
Pourtant, l’importance sociale de la famille demeure : les sondages révèlent que la majorité des jeunes d’aujourd’hui aspirent à la « réussite familiale ». Mais le nombre croissant de divorces révèle en même temps que le volontarisme ne suffit pas pour fonder une alliance. Si l’union ne dure pas, c’est que le but recherché au sein de ces couples qui se font et se défont, n’est pas le service du bien de l’autre dans la charité, mais l’accomplissement individuel de soi. Or deux individualités peuvent constituer une collectivité, mais pas une communauté, et encore moins une famille. Hélas, combien de temps encore allons-nous nous laisser tromper par le mensonge de l’individualisme, qui nous invite à ne voir en l’autre qu’un moyen au service de notre propre épanouissement ?
L’amour de convoitise - car c’est bien de cela qu’il s’agit - est une caricature de l’amour authentique, que Benoît XVI dénonce fermement dans sa dernière Lettre encyclique Caritas in veritate : « Dépourvu de vérité, l’amour bascule dans le sentimentalisme. L’amour devient une coque vide susceptible d’être arbitrairement remplie. C’est le risque mortifère qu’affronte l’amour dans une culture sans vérité. Il est la proie des émotions et de l’opinion contingente des êtres humains ; il devient un terme galvaudé et déformé, jusqu’à signifier son contraire » (n° 3).
Notre réflexion n’est sans doute pas sans rapport avec la seconde partie - quelque peu surprenante - de la péricope évangélique : Jésus passe abruptement d’un discours sur le couple, à l’accueil des enfants, qu’il nous donne comme modèles pour accéder au Royaume. Saint Marc précise que Jésus « se fâcha » en voyant que les disciples écartaient les enfants qui cherchaient à s’approcher de lui. Leur spontanéité à son égard est en effet le témoignage le plus éloquent de l’attitude à laquelle Notre-Seigneur nous invite : « Laissez les enfants venir à moi. Ne les empêchez pas », mais faites de même : « car le Royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemble. Amen je vous le dis : celui qui n’accueille pas le Royaume de Dieu à la manière d’un enfant, n’y entrera pas ».
Il nous faut retrouver l’humilité de l’enfant qui s’approche en toute simplicité de Jésus, pour recevoir sa bénédiction et jouir de sa proximité. Contrairement à l’individu qui vit dans l’illusion mensongère d’une autonomie absolue, l’enfant se reconnait dépendant et s’ouvre spontanément à la relation avec l’autre, dont il sait qu’il a besoin.
Puissions-nous nous laisser embrasser et bénir par Jésus comme ces enfants à qui il impose les mains. Et « puisque le Créateur et Maître de tout voulait avoir une multitude de fils à conduire jusqu’à la gloire », mettons-nous docilement à la suite de « celui qui est à l’origine du salut de tous : Jésus, abaissé un peu au-dessous des Anges, mais couronné de gloire et d’honneur à cause de la passion et de la mort » (2nd lect.) endurées pour nous, c'est-à-dire pour son Eglise-Epouse, qu’« il voulait se présenter à lui-même resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut : il la voulait sainte et irréprochable » (Ep 5, 27).

Père Joseph-Marie
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